Gouvernance économique: Des barons chahutés par l’actualité

Actu en continu, Autres Actus, Economie Aucun commentaire sur Gouvernance économique: Des barons chahutés par l’actualité 16

On pensait que c’était une bulle de critiques qui se dégonflerait avec Ayassor et Gnonfam, deux personnalités qu’on ne présente plus tant ils ont défrayé la chronique au-delà de toute attente. Mais non.

Le mois dernier, Walla Kadanga, fraîchement débarqué de la direction générale de la Caisse nationale de la sécurité sociale, était à l’index des média pour une pathétique transaction financière dévoilée par notre confrère Dounia paru le 15 juin dernier.

Le DG Walla a créé une société parallèle (SEGIM) pour gérer à son profit particulier, l’ensemble des patrimoines de la Cnss. Plus ahurissant : les fonds d’investissement de ladite société proviennent d’un prêt de six milliards de FCFA contracté auprès de la même Cnss.

Pour essayer d’être un peu clair, disons que M. Walla a acquis en sous-traitance, sur financement de la Cnss qu’il dirige, des prestations qui relèvent de ses cahiers de charge en tant que salarié de la Cnss. Il s’agit-là d’un montage de blanchiment de détournement de deniers publics. On comprend qu’il n’ait pas voulu quitter la direction de la boîte. Il a fallu lui envoyer une déménageuse à la hauteur des enjeux pour voir son entêtement se failler. Et l’histoire apparemment s’est arrêtée là, sans suite judiciaire.

Mais celui qui semble rivaliser d’adresse en matière de mauvaise gestion avec le ministre Gnonfam des Infrastructures, serait le colonel Ouro-Koura Agadazi, ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de l’hydraulique. Son nom n’est pas que cité dans la gestion de l’ANSAT, une agence qui, détournée de sa mission, ravitaillerait plutôt, à en croire notre confrère l’Alternative,  gratuitement les barons du régime et dont la direction effective serait laissée à la femme du colonel.

Le ministre Agadazi, depuis la semaine dernière est de nouveau pris dans différentes affaires.

La première fait état d’une somme de 800 millions de FCFA, un gros reliquat d’un fonds d’un montant d’un milliard destiné à subventionner le coût des engrais agricoles. Sur le milliard comptant pour la campagne de 2016, seulement 200 millions environ ont été dépensés. Le système de subvention mis sur pied a été un échec total et le reliquat des 800 millions est resté sur les compte des sociétés Moov et Togocel commises pour gérer les transactions via un système de vente virtuel Tmoney ou flooz.

Le ministère des finances demande donc que le reliquat en question soit rapatrié au Trésor public. M. Agadazi s’y oppose sous prétexte d’une éventuelle reconduction du même mécanisme opératoire de subvention. Un mécanisme qui a démontré des lacunes au point que les paysans n’ont pu bénéficier que d’un cinquième des fonds alloués aux subventions.

Le nom du colonel Agadazi est cité par ailleurs dans l’affaire de la gestion des fonds FIDA mis à la disposition du Togo dans le cadre du Projet National de Promotion de l’Entrepreneuriat Rural(PNPE).

Sur un don de 19 milliards fait au Togo, le ministre togolais de l’agriculture n’a, en trois années sur les six prévues pour consommer la totalité des fonds, pu faire financer des projets qu’à concurrence de 2 milliards (soit un peu plus de 10% des fonds). Arrivée à Lomé ce 1er juillet pour un bilan à mis parcours de la gestion des fonds, une mission de FIDA conduite par Mme Esther Kasalu Coffin a dû constater que « le projet Pnpe est classé à risque et est par conséquent candidat à la clôture anticipée ».

L’attitude du colonel Agadazi dans ces différents dossiers démontre, de l’avis des observateurs, toute son incompétence et pire tend à accréditer la thèse qu’il s’est retrouvé à l’étroit parce que les bailleurs de fonds impliqués dans les financements en question, sont regardants sur la gestion au point de décourager tout détournement. Ainsi donc, tant qu’il n’y a pas possibilité d’en mettre un peu de côté pour soi, certains fonds ne valent guère tripette c’est à dire que l’on en mouille la chemise.

 

Recherche

Retour au debut