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Création des communes au Togo : Koffi Yamgnane dénonce une collusion objective entre l’opposition togolaise et le pouvoir Faure Gnassingbé

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Les raffuts autour des cérémonies de purification ont bien couvert la polémique naissante sur l’adoption à l’Assemblée nationale, le 23 juin, de la loi portant création des communes au Togo. Le vote a lieu, on se rappelle, sous bonne garde des forces de l’ordre dans leur apparat des grands jours en prévision de toute manifestation de contestation.  Il faut pourtant que l’on revienne au sujet tant à en croire l’opposant franco-togolais Kofi Yamegnane, président du parti SURSAUT, par cette loi, « Le pronostic vital de la nation (togolaise) est encore une fois engagé ».

L’ancien secrétaire d’Etat à l’immigration sous François Mitterrand, dans un post d’une rare violence, a mis à l’index la loi du 23 juin, non seulement pour ce qu’elle est à son avis c’est-à-dire : « une grossière manœuvre du pouvoir » mais surtout pour le fait que « l’opposition togolaise accepte d’être (…) prise en otage et de légiférer sous ordre d’une armée déployée qui l’enserre de toutes parts ». La scène, pour Kofi Yamgnane n’est pas seulement « surréaliste ».  Elle « révèle, au-delà de l’anecdotique, la qualité de l’opposition togolaise et son niveau de collusion avec le pouvoir qu’elle prétend combattre ».

Pour le Président de SURSAUT, lorsque les députés de l’opposition se sont retrouvés confrontés à  une situation dans le genre de celle du 23 juin où ils devraient légiférer dans des locaux encerclés d’un cordon « de forces de l’ordre lourdement armées, Il n’y avait qu’une seule chose à faire et cela tombe sous le sens : REFUSER DE SIÉGER ! » Un refus chargé de symboles selon Kofi Yamegnane. Puisque « La vie, a-t-il souligné,  est une succession de symboles et plus encore la vie politique où les messages implicites et subliminaux ont un poids décisif et mobilisateur ».

« REFUSER DE SIÉGER dans un parlement assiégé, poursuit-il, exiger et obtenir la levée du blocus avant tout débat et le vote de la loi, c’est rendre sa dignité à une des plus illustres institutions de la Nation. Les députés ANC/ADDI/CAR devaient impérativement quitter la salle et faire face courageusement aux forces de désordre et d’occupation. Le signal aurait été doublement clair envers ce pouvoir autiste à qui on signifierait ainsi, en toute responsabilité, les limites à ne pas franchir dans l’humiliation de toute une Nation et, d’autre part, indiquer à la Nation, qu’on appelle à la prise en main de son destin, le chemin de la révolte et de la non acceptation des états et des voies de fait inconcevables dans un État de droit».

Inconsolable, Kofi Yamgnane précise que «  l’opposition togolaise, confite d’incompétence, est encore passée lamentablement à côté d’une bonne occasion de faire œuvre constructive ». Et de poursuivre : « Elle a voté la loi sous la contrainte d’une armée de mercenaires, pour ensuite se répandre au-dehors, en critiques de tous ordres contre l’iniquité d’une telle loi. Cela relève de l’amateurisme et de l’irresponsabilité sinon de la schizophrénie et nul ne sait plus s’il faut en rire ou bien en pleurer ». Puis sentencieux : « Messieurs les opposants togolais, débarrassez le plancher de la contestation puisque vous ne pouvez pas faire mieux. Vous empêchez juste une véritable opposition responsable d’éclore ».

L’opposant togolais est si dur dans son rôle de critique. On en oublierait qu’il avait lui – même tenté désespérément de prendre pied avec son parti SURSAUT, sur l’échiquier politique togolais au nombre des opposants. Désabusé, il s’en était retiré depuis des années. On pensait qu’on ne l’y reprendrait plus en tant qu’aspirant au fauteuil présidentiel. Son présent pamphlet à l’endroit de ses collègues opposants et surtout cette clausule sont loin de dire qu’il a pris sa retraite.

 

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